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jueves, 24 de marzo de 2011

Little Big Man

Pourtant, la nuit d'avant, on avait ri.
Dehors, les Fallas commençaient à bruler dans la ville qui sentait la poudre.

Notre famille à coulisse se retrouvait encore une fois, pour ces possibles fiançailles avec la gloire.
Nous avions des silences nerveux, des éclats de rire un peu forcés, un oeil sur le match, l'autre sur nos assiettes presque vides. Un à un, ils partaient se coucher. Demain serait un autre jour.

L'heure de la corrida est vite arrivée. Trop vite. Dans le tunnel, un courant d'air glacé faisait toubillonner le sable et fermait les visages tournés vers la lumière. Valencia, ultima de feria. Corrida de Adolfo Martin para los diestros Rafaelillo, Tomás Sanchez y Alberto Aguilar. Aujourd'hui ou jamais. La porte entrouverte sur une autre existence, une autre dimension. La gloire ou l’oubliette. Malgré le tumulte ambiant, le silence nous enveloppait. Quand le clarin a sonné, l'apoderado lui a donné une accolade, une de celles qu'on donne aux amis qui partent loin. Et lui s'est avancé dans la lumière, le menton haut et le corps serré dans ses étoffes de Madonne.

Les toros sont sortis armés jusqu'au ciel, prêts à envoyer cuadrillas, matadors, chevaux et monos sabios faire un tour dans les nuages. D’ailleurs 3 d’entre eux vont voir si depuis le callejon on a une meilleure prise. Que de la gueule. Sauf le 2e... et le 6e. Revoltoso, qu’il s’appelait. Turbulent, oui, clairement. Il a commencé par se coincer la tête dans le burladero pour attraper un bout de banderillero. Puis est sorti courir après la cape. Il était joueur, dissipé, il allait falloir le calmer. Et c’est à coups de main basse et lente qu’Alberto Aguilar lui a appris les règles du jeu, entre olés et applaudissements. La taille pliée, le bras immense, il le mettait dans sa muleta avec douceur et patience. Du temple devant un Adolfo. Ça faisait longtemps qu’on ne voyait pas ça.
Quand Revoltoso l'a jeté sur le côté, j'ai laché l'appareil. Il n'y pas de photo de cornade, il n'y a que des photos d'un homme récompensé d’une oreille, dont le sang coule sur sa main, pendant que le sien tâche l'albero alors qu'il marche jusqu'à l'infirmerie sous une salve d’ovations.

Et à nouveau, ce silence qui retombe sur les arènes vides. Nous sommes une poignée devant la petite porte. La famille, la vraie, et puis, les autres, ceux que le coeur a amené là. Le buste en marbre d’un médecin sauveur de toreros nous regarde du haut de son socle, dubitatif. Il connait le poids de chaque minute qui passe. La lumière du jour s’éteint doucement. La porte s’ouvre sur les 2 banderilleros, qui ne disent rien, et demandent une cigarette d’un geste, avant de nous serrer dans leurs bras. Ces étreintes, appuyées, longues, silencieuses où l’on s’écrase contre les broderies des habits de lumière, le coeur dans la gorge, incapable de parler. On a compris, il va bien. Les sourires apparaissent. Dolorido pero contento.

La porte est ouverte sur le premier jour de la nouvelle vie d'un jeune homme qui combat des toros.
 

miércoles, 24 de noviembre de 2010

Un week end à la campagne...



Et rien ne vient bousculer le temps. Des enfants, des morceaux de bois, de l'eau, du vent, c'est immuable et c'est ma Normandie espagnole.
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